L’essai de phase 3 sur le syndrome de Tourette n’a trouvé aucun lien pertinent avec la créatine
Un nouvel essai de phase 3 sur le syndrome de Tourette a montré que l’ecopipam aidait à maintenir l’amélioration des tics chez les enfants et les adolescents qui avaient déjà répondu au médicament, mais il n’a pas étudié la créatine. Pour les personnes qui prennent de la créatine ou songent à en prendre, le principal point à retenir est simple : cet article ne fournit aucune preuve pour ou contre l’utilisation de la créatine.
Source: JAMA neurology
Key Takeaways
- Cet essai publié dans JAMA Neurology portait sur l’ecopipam, pas sur la créatine.
- Chez les répondants pédiatriques, le fait de poursuivre l’ecopipam a réduit le risque de rechute par rapport au passage au placebo.
- Le sous-groupe adulte était très petit, donc les résultats chez les adultes n’étaient pas concluants.
- Les effets indésirables rapportés étaient principalement des effets sur le système nerveux central, comme la somnolence, l’anxiété, les maux de tête et l’insomnie.
- Rien dans cette étude ne modifie les recommandations habituelles sur la créatine, où le monohydrate demeure la forme la plus étudiée.
Ce que l’étude a réellement montré
La nouvelle ici concerne l’ecopipam, un médicament expérimental contre le syndrome de Tourette, et non la créatine. Dans cet essai clinique randomisé de phase 3, les participants sont d’abord entrés dans une période ouverte de 12 semaines avec ecopipam. Ceux qui ont répondu ont ensuite été répartis au hasard pour soit poursuivre l’ecopipam, soit réduire progressivement vers un placebo pendant 12 autres semaines.
Le critère d’évaluation principal était le délai avant rechute chez les participants âgés de 6 à 18 ans. Parmi les participants pédiatriques qui avaient déjà répondu au traitement, l’ecopipam a réduit de façon significative le risque de rechute comparativement au placebo, avec un rapport de risque de 0.47 (95% CI, 0.26-0.84; P = .008). En termes simples, les enfants et les ados qui ont poursuivi l’ecopipam étaient moins susceptibles de perdre l’amélioration de leurs tics obtenue plus tôt durant la phase à double insu.
Chez les adultes, le résultat allait numériquement dans le même sens, avec un rapport de risque de 0.51, mais l’intervalle de confiance était large et le résultat n’était pas statistiquement significatif. Il vaut mieux considérer ce résultat chez les adultes comme non concluant plutôt que négatif ou positif.
L’essai a aussi rapporté que l’ecopipam était généralement bien toléré pendant jusqu’à 24 semaines, les effets indésirables les plus souvent rapportés comprenant la somnolence, l’anxiété, les maux de tête, l’insomnie, les tics et la fatigue. Fait important, les auteurs n’ont signalé aucun effet cliniquement significatif sur le poids, les paramètres métaboliques ou les mesures d’échelles psychiatriques, et aucun trouble du mouvement induit par le médicament n’a été observé.
Pour les lecteurs de Creatine Canada, le point d’interprétation clé est simple : cette étude ne teste pas la créatine, ne mentionne pas la créatine comme traitement et ne fournit aucune preuve que la créatine aide ou nuit dans le syndrome de Tourette.
Comment l’essai a été conçu et pourquoi c’est important

Il s’agissait d’un essai de phase 3 à double insu, randomisé, contrôlé par placebo, avec retrait randomisé, mené dans 77 sites répartis dans 12 pays entre janvier 2023 et février 2025. Ce plan d’étude est important parce qu’il pose une question précise : une fois qu’une personne s’améliore avec l’ecopipam, le fait de poursuivre le médicament aide-t-il à mieux préserver ce bénéfice que le fait de l’arrêter?
Les 216 participants ont d’abord tous reçu de l’ecopipam dans une période ouverte, avec titration sur 3 à 4 semaines vers une dose cible de 1.8 mg/kg per day. Seuls ceux qui répondaient à la définition de répondant de l’étude, soit au moins 25% d’amélioration du Yale Global Tic Severity Scale Total Tic Score aux semaines 8 et 12, ont été randomisés dans la phase de maintien à l’insu.
Cela signifie que l’essai est surtout solide pour répondre à une question de maintien de l’effet chez les répondants. Il est moins adapté pour nous dire à quel point l’ecopipam fonctionne chez l’ensemble des personnes atteintes du syndrome de Tourette dans les soins courants.
- Participants recrutés : 216 participants
- Participants pédiatriques : 167 sur 216
- Échantillon pédiatrique randomisé pour l’analyse principale : 90
- Échantillon adulte randomisé : 14
Le résultat pédiatrique est significatif, mais l’échantillon randomisé demeurait quand même modeste. Le sous-groupe adulte était particulièrement petit, ce qui explique le large intervalle de confiance et l’incertitude. Comme dans plusieurs études avec retrait randomisé, l’enrichissement en répondants antérieurs peut rendre les bénéfices de maintien plus faciles à détecter que dans une population plus large.
Aucune de ces limites ne rend l’étude sans importance. Elles définissent simplement ce qu’elle peut et ne peut pas nous dire.
Ce que cela signifie pour les personnes qui prennent de la créatine ou envisagent d’en prendre
Pour les utilisateurs de créatine, cet article est surtout une leçon pour éviter les généralisations abusives. Comme l’essai portait sur l’ecopipam plutôt que sur la créatine, il ne devrait pas changer votre façon de voir les bienfaits de la créatine, son profil d’innocuité ou son utilisation appropriée.
Si vous utilisez de la créatine pour l’entraînement en force, la performance en sprint ou le soutien de la masse maigre, la base de données probantes repose toujours sur des recherches propres à la créatine, en particulier sur le monohydrate de créatine. Dans l’ensemble, les recommandations générales restent les mêmes : le monohydrate est la forme la plus étudiée; un apport d’entretien courant est de 3 to 5 g/day; et les personnes qui veulent saturer les réserves musculaires plus rapidement utilisent parfois un protocole de charge d’environ 20 g/day split into 4 doses for 5 to 7 days, suivi d’une phase d’entretien.
Si vous essayez de démêler les options pratiques, nos guides sur la créatine couvrent les bases, et notre calculatrice de dosage de créatine peut vous aider à estimer une quantité quotidienne raisonnable. Si vous comparez des produits, consultez notre classement des meilleures créatines, nos avis sur les marques de créatine et notre catalogue de produits de créatine.
La créatine pourrait-elle quand même avoir de l’importance pour une personne vivant avec le syndrome de Tourette? Possiblement, mais seulement au sens général où les personnes atteintes du syndrome de Tourette peuvent aussi être des athlètes, des adeptes de musculation ou des adultes actifs qui choisissent d’utiliser la créatine pour des raisons bien établies en nutrition sportive. Cet article en particulier ne fournit aucune preuve que la créatine traite les tics, prévient les rechutes, interagit favorablement avec l’ecopipam ou crée un nouveau problème d’innocuité.
Cette distinction est cruciale si vous voulez une supplémentation fondée sur des données probantes plutôt qu’une association indirecte avec une condition.
Comment cela s’inscrit dans l’ensemble des données probantes sur la créatine
La littérature globale sur la créatine est vaste, mais elle porte surtout sur la performance à l’exercice, le stockage musculaire de la créatine, les adaptations à l’entraînement et l’innocuité générale, et non sur le syndrome de Tourette. Les revues et prises de position concluent de façon constante que le monohydrate de créatine est la forme la mieux étudiée et qu’il est efficace pour augmenter la capacité d’exercice à haute intensité et soutenir les gains de masse maigre lorsqu’il est combiné à l’entraînement.
Pour les lecteurs qui veulent consulter des sources primaires portant directement sur la créatine, la prise de position de l’International Society of Sports Nutrition demeure une référence utile, et la revue sur les questions fréquentes et les idées fausses aide à distinguer les mythes des données probantes. Les deux sont de meilleurs guides sur la créatine qu’un essai sans lien sur un médicament contre le syndrome de Tourette. Voir Kreider et al. (2017) et Antonio et al. (2021).
Ce contexte plus large est important parce que les discussions sur les suppléments dérivent souvent d’un sujet neurologique ou psychiatrique à un autre. Mais une bonne pratique fondée sur les données probantes exige de la précision :
- Un essai sur un médicament ne nous dit pas automatiquement quoi que ce soit sur un supplément.
- Un résultat dans le syndrome de Tourette ne se transfère pas automatiquement à des athlètes en bonne santé.
- L’absence de données sur la créatine dans un article ne constitue pas une preuve que la créatine fonctionne ou ne fonctionne pas pour cette condition.
Donc, bien que cet essai sur l’ecopipam soit notable dans la recherche sur le syndrome de Tourette, il se situe à l’extérieur de la base de données probantes qui devrait guider les décisions concernant la créatine.
Signaux d’innocuité, limites et points de confusion possibles pour les lecteurs
Les effets indésirables les plus souvent signalés avec ecopipam pendant les périodes en ouvert et à double insu étaient la somnolence (11.1%), l’anxiété (9.7%), les maux de tête (9.7%), l’insomnie (8.8%), les tics (7.9%) et la fatigue (6.5%). Il s’agit d’effets de type système nerveux central, ce qui concorde avec le mécanisme du médicament en tant qu’antagoniste sélectif des récepteurs dopaminergiques D1.
Pourquoi les mentionner dans un article sur la créatine? Parce que les lecteurs voient souvent un titre sur l’innocuité et supposent qu’il s’applique aussi aux suppléments qu’ils utilisent déjà. Ce n’est pas le cas. La créatine a un mécanisme différent, une base de données probantes différente et des points de discussion courants différents. Selon les données probantes dominantes en nutrition sportive, la créatine monohydrate est généralement considérée comme sécuritaire chez les personnes en bonne santé lorsqu’elle est utilisée selon les directives, bien que toute personne ayant un problème de santé, prenant des médicaments ou gérant un trouble neurologique devrait discuter de la supplémentation avec un professionnel de la santé qualifié.
Cette étude comporte aussi des limites d’interprétation :
- Elle a été enrichie de participants ayant déjà répondu au traitement, donc elle ne répond pas à toutes les questions d’efficacité.
- Le sous-groupe adulte était trop petit pour permettre des conclusions solides.
- Le suivi allait jusqu’à 24 weeks, ce qui est utile, mais pas définitif pour un traitement à long terme.
- Elle n’a pas comparé ecopipam à d’autres médicaments contre le syndrome de Tourette.
La plus grande erreur possible pour le lecteur serait de transformer un essai médicamenteux sur le syndrome de Tourette mené avec rigueur en histoire sur la créatine. L’interprétation exacte est plus étroite : un signal de maintien avec ecopipam chez les répondants pédiatriques, avec une tolérabilité qui semble raisonnablement encourageante pendant la fenêtre de l’étude.
En bref pour les lecteurs qui s’intéressent à la créatine
Cette étude est importante pour la recherche sur le syndrome de Tourette, pas pour la science de la créatine. Chez les enfants et les adolescents atteints du syndrome de Tourette qui s’étaient d’abord améliorés avec ecopipam, la poursuite du médicament a réduit le risque de rechute par rapport à une réduction progressive vers un placebo pendant la phase à double insu de 12 weeks. Il y avait trop peu d’adultes pour tirer des conclusions fiables.
Pour les personnes qui utilisent de la créatine, rien ici ne change les meilleures pratiques actuelles. Si votre objectif est d’améliorer la performance à l’entraînement ou de soutenir la force et la masse maigre, fiez-vous à la littérature établie sur la créatine plutôt que d’emprunter des conclusions à des essais médicamenteux non liés. La monohydrate demeure le choix par défaut fondé sur les données probantes, l’apport d’entretien standard demeure de 3 to 5 g/day pour de nombreux utilisateurs, et le choix du produit devrait toujours se résumer à la qualité, à la transparence et au prix par dose efficace.
Si vous avez le syndrome de Tourette ou un autre trouble neurologique et que vous utilisez aussi de la créatine, la chose sensée à faire n’est pas de présumer d’un bénéfice ou d’un risque à partir de cet article. Gardez plutôt les deux questions séparées : que disent les données probantes sur votre traitement médical, et que disent-elles sur votre utilisation de suppléments?
C’est la lecture la plus juste de l’article et la réponse la plus fiable à ce qu’il signifie pour la créatine : essentiellement rien de direct, mais un rappel utile de rester précis par rapport aux données probantes.
Ce que cet essai a montré — et ce qu’il n’a pas montré
- 216 participants inscrits — Ont commencé la phase en ouvert avec ecopipam
- 0.47 rapport de risque de rechute pédiatrique — Ecopipam vs placebo chez les répondants randomisés
- 24 weeks fenêtre de traitement maximale — 12 weeks en ouvert plus 12 weeks à double insu
- 3-5 g/day apport d’entretien typique en créatine — Recommandation générale pour la créatine monohydrate, pas tirée de cet essai sur le syndrome de Tourette
Frequently Asked Questions
Cette étude a-t-elle testé la créatine pour le syndrome de Tourette?
Non. Cette étude a testé ecopipam, un antagoniste sélectif des récepteurs dopaminergiques D1, et n’a pas évalué la créatine comme traitement du syndrome de Tourette.
Quel était le principal résultat de l’essai?
Le principal résultat était que les participants pédiatriques qui avaient déjà répondu à ecopipam étaient moins susceptibles de rechuter s’ils restaient sous le médicament plutôt que de passer au placebo. Ce résultat s’appliquait à la phase de retrait randomisé chez les enfants et les adolescents.
Cet article laisse-t-il entendre que la créatine aide pour les tics ou les symptômes du syndrome de Tourette?
Non. Comme la créatine n’a pas été étudiée, l’article ne fournit pas de preuve que la créatine améliore les tics, prévient les rechutes ou influence de façon significative les symptômes du syndrome de Tourette.
Les utilisateurs de créatine devraient-ils s’inquiéter des effets secondaires signalés ici?
Pas sur la base de cet article seulement. Les effets indésirables signalés concernent ecopipam, pas la créatine, et les deux ont des mécanismes et des bases de données probantes différents.
Quels conseils sur la créatine demeurent valables après cette étude?
Les conseils habituels fondés sur les données probantes demeurent valables. La créatine monohydrate reste la forme la plus étudiée, un apport d’entretien courant est de 3 to 5 g/day, et la phase de charge est facultative pour une saturation plus rapide.
Pourquoi parler d’un article non lié à la créatine sur un site sur la créatine?
Parce que les lecteurs voient souvent des titres généraux sur les suppléments et la santé et veulent savoir si un nouvel article médical change la donne pour la créatine. Dans ce cas-ci, non, et le dire clairement est utile.