L’étude sur la créatinine en ICU ne devrait pas inquiéter les utilisateurs de créatine
Une nouvelle étude chez des patients en ICU âgés de 90 ans et plus a constaté qu’une créatinine plus élevée à l’admission ne prédisait pas indépendamment le décès à l’hôpital, mais qu’elle était associée à une mortalité plus élevée à 90 jours et à 1 an. C’est important pour la façon dont les cliniciens interprètent la créatinine chez des adultes très âgés et gravement malades, mais cela ne montre pas que la supplémentation en créatine est dangereuse.
Source: BMC geriatrics
Key Takeaways
- Chez 952 patients en ICU âgés de 90+ ans, la créatinine à l’admission n’était pas liée indépendamment à la mortalité à l’hôpital.
- Une créatinine plus élevée à l’admission était indépendamment associée à la mortalité à 90 jours et à 1 an dans cette cohorte très âgée en ICU.
- Le retrait du composant rénal du score SOFA n’a pas changé la performance prédictive à court terme, ce qui suggère une utilité pronostique à court terme limitée de la créatinine ici.
- Cette étude a examiné la créatinine sérique chez des nonagénaires gravement malades, et non les suppléments de créatine chez des personnes en santé ou sportives.
- Les utilisateurs de créatine ne devraient pas confondre la créatinine, un marqueur de laboratoire, avec la créatine, le supplément.
- Si vous prenez de la créatine et passez des analyses sanguines, dites-le à votre clinicien afin que les résultats soient interprétés dans leur contexte.
Ce que l’étude a réellement constaté
Cette étude de cohorte rétrospective publiée dans BMC Geriatrics a porté sur 952 patients gravement malades âgés de 90 ans et plus admis en ICU dans un seul centre universitaire allemand entre 2008 et 2019. La question principale était de savoir si la créatinine sérique mesurée à l’admission en ICU demeure un marqueur pronostique utile chez les patients très âgés, chez qui la faible masse musculaire et la fragilité peuvent rendre la créatinine plus difficile à interpréter.
La principale conclusion était nuancée. La créatinine à l’admission n’était pas indépendamment associée à la mortalité à l’hôpital après ajustement pour les facteurs de confusion, avec un rapport de risque ajusté de 1.07 et un intervalle de confiance à 95 % de 0.92 à 1.26. Autrement dit, pour la survie hospitalière à court terme, la créatinine à l’arrivée n’ajoutait pas grand-chose à elle seule.
Mais une créatinine plus élevée à l’admission prédisait bel et bien indépendamment de moins bons résultats à plus long terme. Le rapport de risque ajusté était de 1.16 pour la mortalité à 90 jours et de 1.20 pour la mortalité à 1 an. La mortalité dans cette population était élevée dans l’ensemble : 28.5% à l’hôpital, 42.2% à 90 jours et 57.1% à 1 an.
Les auteurs ont aussi vérifié si le composant rénal du score SOFA aidait à prédire le risque à court terme. Apparemment, non. Le score SOFA complet et un score SOFA modifié sans le composant rénal avaient tous deux une AUC de 0.79.
Il s’agit d’une observation importante en soins critiques gériatriques. Ce n’est pas une preuve que la prise de produits de créatine augmente la mortalité, nuit aux reins ou cause un risque d’ICU dans la population générale.
Pourquoi la créatinine n’est pas la même chose que la créatine
Pour les utilisateurs de suppléments, le point essentiel est simple : la créatinine est un marqueur sanguin; la créatine est un composé de type nutriment utilisé comme supplément. Elles sont liées, mais elles ne sont pas interchangeables.
La créatinine est un produit de dégradation formé à partir de la créatine et de la phosphocréatine. Les cliniciens utilisent couramment la créatinine sérique dans l’évaluation de la fonction rénale, mais c’est un marqueur imparfait parce qu’il est influencé par la masse musculaire, l’âge, l’hydratation, la gravité de la maladie et d’autres facteurs. C’est exactement pourquoi cette étude importe chez les nonagénaires : les personnes dans la quatre-vingt-dizaine ont souvent une masse musculaire plus faible et une physiologie modifiée, de sorte qu’une valeur donnée de créatinine peut ne pas signifier la même chose que chez un adulte plus jeune.
Cette distinction est particulièrement pertinente parce que la supplémentation en créatine peut parfois légèrement influencer l’interprétation des analyses sans indiquer de lésion rénale. Comme l’explique la littérature plus large, l’utilisation de créatine peut modifier les lectures liées à la créatinine dans certaines circonstances, tandis que la créatine monohydrate demeure la forme la plus étudiée et est généralement considérée comme sûre chez les personnes en santé lorsqu’elle est utilisée de façon appropriée. Pour un examen approfondi des données probantes, consultez la prise de position de l’ISSN et la revue sur les questions fréquentes et idées reçues sur la créatine.
Donc, si un titre sur la « créatinine » rend les utilisateurs de créatine nerveux, la première question devrait être : Qui a été étudié, et qu’est-ce qui a exactement été mesuré? Dans cet article, la réponse est des adultes gravement malades de 90+ ans en ICU, et le biomarqueur était la créatinine sérique à l’admission.
Comment l’étude a été conçue et où la prudence est de mise

Il s’agissait d’une étude de cohorte rétrospective, ce qui signifie que les chercheurs ont examiné des données cliniques existantes plutôt que d’assigner aléatoirement un traitement ou une exposition. Ce type de devis est utile pour étudier des populations réelles en ICU, en particulier des adultes très âgés qu’il est difficile d’inclure dans des essais, mais il limite aussi le degré de confiance avec lequel on peut interpréter les liens de cause à effet.
Plusieurs limites sont importantes ici :
- Données d’un seul centre : tous les patients provenaient d’un seul établissement, ce qui peut limiter la généralisabilité.
- Devis observationnel : une créatinine plus élevée peut être un marqueur d’un fardeau de maladie sous-jacent plutôt qu’un facteur direct de la mortalité ultérieure.
- Population très précise : ces résultats s’appliquent à des nonagénaires gravement malades, et non à des adultes plus jeunes, des adeptes du gym ou des utilisateurs typiques de suppléments de créatine.
- Valeur à l’admission seulement : l’étude portait sur la créatinine à l’admission en ICU, et non sur les tendances sériées, l’exposition aux suppléments ou l’apport alimentaire en créatine.
Les auteurs ont aussi construit des modèles d’ajustement pour les facteurs de confusion, ce qui renforce l’analyse, mais une confusion résiduelle demeure toujours possible dans la recherche rétrospective en ICU.
Pour les lecteurs qui envisagent la meilleure créatine pour l’entraînement ou un vieillissement en santé, ce n’est donc pas le bon article à utiliser comme verdict sur l’innocuité de la supplémentation. Il nous apprend quelque chose d’utile sur le plan clinique au sujet du pronostic dans une population très âgée en ICU. Il ne teste pas si la supplémentation en créatine modifie la mortalité, les issues rénales ou le risque d’admission en ICU.
Cette distinction n’est pas une technicalité; c’est le point central d’une interprétation juste.
Ce que cela signifie en pratique pour les personnes qui prennent de la créatine
Pour la plupart des lecteurs, le constat pratique est rassurant : cette étude ne devrait pas modifier l’utilisation standard de la créatine fondée sur les données probantes. Si vous êtes un adulte en santé qui utilise de la créatine monohydrate pour la force, la puissance, la masse maigre ou la capacité d’entraînement, l’ensemble principal des données probantes demeure centré sur des formes et des doses déjà bien établies en nutrition sportive.
Les approches typiques comprennent :
- Dose d’entretien : environ 3 to 5 g/day de créatine monohydrate.
- Phase de charge facultative : environ 20 g/day répartis en 4 doses pendant 5 to 7 days, suivis d’une phase d’entretien.
Si vous voulez un point de départ personnalisé, notre calculateur de dosage de créatine peut vous aider, et nos guides sur la créatine couvrent les bases du moment de prise, de l’hydratation et de la constance.
Là où cette étude est vraiment pertinente, c’est pour les analyses sanguines et la communication. Si vous prenez de la créatine et faites vérifier des analyses liées aux reins, dites-le à votre clinicien. Un résultat de créatinine sérique doit toujours être interprété dans son contexte, notamment l’âge, la taille corporelle, la masse musculaire, les médicaments, les antécédents médicaux, l’hydratation et une maladie aiguë. Chez les personnes âgées fragiles en particulier, la créatinine peut être un indicateur imparfait de la fonction rénale.
Pour les personnes âgées ayant une maladie rénale chronique, des problèmes médicaux complexes ou une hospitalisation récente, les décisions concernant la supplémentation devraient être discutées avec un médecin ou un pharmacien qui connaît l’ensemble du tableau clinique. Mais rien dans cet article ne laisse entendre que les utilisateurs de suppléments en santé devraient paniquer, cesser de prendre de la créatine ou supposer qu’une créatinine élevée signifie automatiquement un tort causé par la créatine.
Comment cela s’inscrit dans l’ensemble des données probantes sur la créatine
L’ensemble des données probantes sur la supplémentation en créatine dit quelque chose de très différent de ce qu’une lecture rapide de cet article sur l’USI pourrait laisser croire. Les revues et prises de position concluent de façon constante que la créatine monohydrate est la forme la plus étudiée et qu’elle est généralement sûre et efficace pour améliorer la performance lors d’exercices de haute intensité et favoriser les gains de force et de masse maigre lorsqu’elle est utilisée adéquatement.
Cela ne veut pas dire que la créatine est sans risque pour chaque personne dans chaque contexte. Cela veut dire que les questions de sécurité doivent être tranchées par des études qui examinent réellement la supplémentation en créatine, et non par des articles sur la créatinine comme biomarqueur pronostique chez des populations gravement malades.
Cette nouvelle étude apporte quelque chose de précieux à la médecine : chez les adultes de 90 ans et plus à l’USI, la créatinine à l’admission pourrait être moins utile pour la stratification du risque à court terme que ce que les cliniciens supposent souvent, tout en conservant de l’information sur le pronostic à 90 jours et à 1 an. Cela appuie une interprétation plus adaptée à l’âge des biomarqueurs rénaux chez les patients très âgés.
Pour les consommateurs de suppléments qui comparent des avis de marques de créatine ou parcourent notre catalogue de produits de créatine, le message principal est de bien distinguer la recherche sur les biomarqueurs hospitaliers de la recherche sur l’efficacité et l’innocuité des suppléments. Ce sont des domaines liés, mais ils répondent à des questions différentes.
En langage simple : cet article porte sur la façon dont les médecins interprètent une valeur de laboratoire chez des patients très âgés à l’USI, et non sur le fait que la supplémentation en créatine soit nocive.
Conclusion
La principale conclusion de l’étude est simple : chez les adultes gravement malades âgés de 90 ans et plus, la créatinine à l’admission n’a pas prédit de façon indépendante le décès à l’hôpital, mais elle a été associée à une moins bonne survie à 90 jours et à 1 an. Elle suggère aussi que la composante rénale du score SOFA fondée sur la créatinine ajoute peu à la prédiction à court terme dans cette population très âgée à l’USI.
Pour les utilisateurs de créatine, la conclusion est tout aussi simple : ne confondez pas la créatinine et la créatine. Cet article ne montre pas que les suppléments de créatine endommagent les reins, augmentent la mortalité ou deviennent non sécuritaires parce qu’une étude hospitalière a utilisé la créatinine comme marqueur pronostique.
La réponse pratique n’est pas la panique; c’est la précision. Utilisez de la créatine monohydrate à des doses appuyées par les données probantes, achetez des produits fiables plutôt que de courir après des formules exotiques, et assurez-vous que votre équipe soignante sait que vous prenez des suppléments avant d’interpréter vos analyses. Si vous choisissez un produit, commencez par des classements des meilleures créatines fiables et des formulations transparentes.
C’est la lecture la plus juste des données : une constatation importante en gériatrie aux soins intensifs, mais pas un avertissement contre la supplémentation en créatine pour le grand public.
Ce que cette étude sur la créatinine a montré, et ce qu’elle n’a pas montré
- 952 Patients d’USI étudiés — Tous étaient âgés de 90 ans ou plus
- 28.5% Mortalité à l’hôpital — La créatinine à l’admission n’était pas associée indépendamment à ce résultat
- 42.2% / 57.1% Mortalité à 90 jours et à 1 an — Une créatinine plus élevée à l’admission était associée indépendamment aux deux
- 3-5 g/day Dose d’entretien typique de créatine — Recommandations courantes fondées sur les données probantes pour la créatine monohydrate
Frequently Asked Questions
Cette étude montre-t-elle que les suppléments de créatine sont dangereux?
Non, cette étude ne montre pas que les suppléments de créatine sont dangereux. Elle portait sur la créatinine sérique comme marqueur pronostique de laboratoire chez des adultes gravement malades âgés de 90 ans et plus, et non sur la supplémentation en créatine chez des personnes en bonne santé, des athlètes ou des utilisateurs typiques de suppléments.
Quelle est la différence entre la créatine et la créatinine?
La créatine est le supplément; la créatinine est un produit de dégradation mesuré dans les analyses sanguines. La créatinine est souvent utilisée dans l’évaluation de la fonction rénale, mais elle peut aussi être influencée par la masse musculaire, l’âge, l’hydratation et la maladie, ce qui est particulièrement pertinent chez les adultes très âgés.
Pourquoi cette étude serait-elle pertinente pour quelqu’un qui prend de la créatine?
Elle est surtout utile comme rappel d’interpréter les analyses de laboratoire avec prudence. Si vous prenez de la créatine et passez des analyses sanguines, dites-le à votre clinicien, car les résultats liés à la créatinine devraient être interprétés en tenant compte de votre masse musculaire, de votre niveau d’entraînement, de votre âge, de votre hydratation et de votre état de santé général.
Devrais-je arrêter de prendre de la créatine avant une analyse sanguine?
Pas nécessairement, mais vous devriez dire à votre clinicien que vous prenez de la créatine. La bonne approche dépend de la raison pour laquelle l’analyse est demandée, de vos antécédents médicaux et du fait que votre clinicien veuille ou non une mesure de base sans supplémentation.
Quelle dose de créatine est la mieux appuyée par les données probantes?
L’approche la mieux appuyée est la créatine monohydrate à raison d’environ 3 à 5 g par jour pour l’entretien. Une phase de charge facultative d’environ 20 g par jour répartis en 4 doses pendant 5 à 7 jours peut saturer les réserves musculaires plus rapidement.
Un résultat plus élevé de créatinine sanguine signifie-t-il toujours des dommages aux reins causés par la créatine?
Non, un résultat plus élevé de créatinine ne signifie pas automatiquement des dommages aux reins causés par la créatine. La créatinine est un marqueur indirect, et les cliniciens devraient l’interpréter dans son contexte plutôt que de supposer qu’une seule valeur prouve un tort, surtout chez les personnes ayant une masse musculaire plus élevée ou qui utilisent des suppléments.